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Pas de place pour l’homophobie dans une société respectueuse

05/16/2007 - 00:00

Le 17 mai 2007 se tiendra la troisième journée mondiale de lutte contre l’homophobie. A cette occasion, on ne peut que se réjouir des avancées légales qui ouvrent aujourd’hui en Belgique aux couples de même sexe le droit de se marier et d’adopter des enfants ou encore de la mise en œuvre d’une loi qui prohibe la discrimination à l’égard des personnes homosexuelles dans de nombreux domaines.

Cette évolution ne marque pas pour autant le fin des stigmatisations de l’homosexualité ou des phénomènes homophobes au sein de la société.

A cet égard, une récente enquête menée en Flandre démontre que la moitié des jeunes garçons et environ un quart des jeunes filles ont un a priori négatif à l’encontre des personnes homosexuelles. Sur base de cette étude, la ministre flamande de l’égalité des chances a élaboré un plan d’action visant à l’intégration sociale et à l’amélioration du bien-être des personnes homosexuelles en Flandre.

Dans le même ordre d’idées, on pensera aux critiques virulentes formulées à l’encontre de l’initiative du gouvernement de la Communauté française lors de la sortie de l’outil pédagogique « Combattre l’homophobie » visant à ouvrir l’école à la diversité ou encore aux propos dangereux entretenant l’idée du caractère « anormal » de l’homosexualité tenus, sous couvert de la liberté d’expression, par l’évêque de Namur, Monseigneur Léonard.

Ces stigmatisations contribuent à développer l’idée pernicieuse qu’il est légitime de discriminer les personnes homosexuelles. Le nombre important de plaintes introduites sur cette base au Centre pour l’égalité des chances dans le domaine de l’emploi ou de l’accès au logement, à l’horeca ou aux services en général en est un élément significatif.

Plus grave : les résultats de l’enquête commanditée par le Centre pour l’égalité des chances et le SPF Justice relative aux agressions contre les personnes homosexuelles à Bruxelles font état de l’existence d’agressions fréquentes à leur encontre et spécifiquement d’agressions verbales…

Le tout s’inscrit au niveau international dans une ambiance de durcissement idéologique et d’une recrudescence des tendances fondamentalistes dans les religions qui condamnent la communauté homosexuelle. On rappellera à cet égard la récente mise en garde formulée par le Parlement européen à l’encontre de la Pologne ainsi que l’adoption d’une résolution appelant à une dépénalisation mondiale de l’homosexualité. Il invite également la Commission européenne à proposer de nouvelles directives pour s’assurer de l’interdiction des discriminations fondées sur l’orientation sexuelle dans tous les domaines.

Face à ces constats, le Centre pour l’égalité des chances soutient les initiatives de prévention et de sensibilisation qui contribuent au respect de chacun, quelle que soit son orientation sexuelle.

Le Centre insiste sur la nécessité de porter une attention toute particulière au sein des écoles au thème de l’homosexualité tant dans l’intérêt des jeunes concernés trop souvent enfermés dans le silence que dans le but d’amener les autres au respect et à la tolérance quelles que soient leurs convictions.

Par ailleurs, le Centre encourage les initiatives semblables à celles qu’a pris la Police fédérale afin de combattre l’homophobie: plan de diversité de la Police, campagne de prévention, élaboration d’une circulaire organisant l’enregistrement des infractions homophobes, accueil des victimes adapté (pour mieux respecter la discrétion). Outre le lancement d’une étude relative à l’homophobie dans le cadre de l’emploi, le Centre s’engagera dans les prochains mois dans une large campagne de sensibilisation et de formation à la nouvelle législation adoptée en matière de lutte contre la discrimination.

Pour le Centre, comme pour toutes les victimes des discrimnations, l’objectif essentiel est d’informer les personnes qui seraient discriminées en raison de leur orientation sexuelle et de leur offrir un soutien pour la défense de leurs droits.