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Les motifs religieux ne justifient pas la discrimination

04/22/2008 - 00:00

Ce lundi 21 avril, le tribunal correctionnel d'Anvers a rendu son jugement concernant l’agression d’une jeune fille d’origine marocaine, à l’arrêt d’un bus. La victime fut molestée par d’autres jeunes lui reprochant de ne pas porter le voile musulman. Un seul des agresseurs fut poursuivi pour ces faits de violence urbaine.

Il a été acquitté par le tribunal correctionnel suite à des confusions dans le récit de cette agression, ce qui permet en règle de droit un bénéfice en faveur de l’accusé. C’est pour cette raison que le Ministère public avait plaidé son acquittement. Le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, qui s’était constitué partie civile dans ce dossier aux côtés de la jeune fille, prend acte de ce jugement et le respecte.

Néanmoins, le Centre, en tant que service public chargé de lutter contre toutes les discriminations, dont celles basées sur les « convictions religieuses et philosophiques », estime que ce dossier judiciaire est important sur le plan symbolique. Pour le Centre, il pouvait s’agir en effet « d’un délit de haine ». Dans le passé, le Centre était déjà intervenu dans des cas semblables, entre autres lors d’agressions commises à l’égard de personnes homosexuelles.

En intervenant dans ce dossier judiciaire aux côtés de la victime,  Edouard Delruelle, directeur francophone du Centre, a précisé : « En demandant une condamnation pour des faits violents basés sur la haine, le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme souhaitait donner un signal fort : agresser une personne au motif qu’elle ne respecte pas tel ou tel principe religieux est inacceptable dans un Etat de droit ». Mais il ajoute que « l’action du Centre n’est pas que ‘’répressive’’, en portant plainte devant les tribunaux. Notre action  poursuit aussi un objectif pédagogique en montrant à l’opinion publique que chacun d’entre nous peut être, un jour ou l’autre, victime de discrimination et d’actes violents. Et peu importe alors l’origine des victimes ou celle des auteurs de tels faits intolérables ».

Pour Edouard Delruelle, « les prescrits religieux ne peuvent excuser des infractions à la loi antidiscrimination. C’est pourquoi, le Centre veillera toujours à ce que les victimes d’agressions commises au nom d’une religion ou d’une idéologie soient défendues et soutenues, et que les auteurs de ces agressions  répondent toujours de leurs actes devant les tribunaux».