Condamnation exemplaire dans la « traite des êtres humains »
Un montage financier démantelé
La Cour d’appel de Gand a condamné deux personnes reconnues coupables de traite des êtres humains sous forme d’exploitation économique dans l’HORECA. Ces personnes voient leurs biens confisqués pour une valeur de 750.000 euros.
En outre, ils écopent d’une peine de prison de 4 et 3 ans avec sursis. Le Centre, qui s’était constitué partie civile, se réjouit de l’Arrêt de la Cour d’appel de Gand.
Le traitement de ce dossier judiciaire est le résultat d’une enquête remarquablement menée qui peut servir d’exemple dans la lutte contre la traite des êtres humains. À travers la confiscation de leurs biens, les trafiquants sont touchés à l’endroit le plus sensible, à savoir leur portefeuille.
Cette enquête a commencé en 2003 à l’occasion d’une déclaration faite par une victime qui travaillait illégalement dans un restaurant chinois. Il s’agit d’un dossier-type de « lien par la dette » : des victimes doivent travailler pendant des années au profit des « têtes de serpent » chinoises, mieux connues sous le nom de Triade chinoise, en étant exploitées économiquement dans des restaurants chinois à Blankenberge et à Knokke afin de rembourser les dettes qu’elles ont contractées à l’égard des trafiquants qui ont permis leur arrivée en Belgique.
Huit personnes travaillaient dans le restaurant, la plupart pendant six jours par semaine et environ 11 à 12 heures par jour. En échange, elles touchaient de 700 à 900 euros en argent liquide. Des caméras de surveillance étaient installées dans le restaurant. Une des victimes travaillait gratuitement à mi-temps pour payer le gîte et le couvert. Une autre victime devait bien recevoir 700 euros, qui ne lui furent jamais remis. Deux victimes se sont vues reconnaître le statut de victime de la traite des êtres humains.
Le gérant chinois et exploiteur possédait plusieurs immeubles et comptes en banque en Belgique, et 45 000 euros ont été découverts en divers endroits. Régulièrement, il transférait de fortes sommes vers Shanghai (Chine).
« La traite des êtres humains constitue une source inépuisable de profit pour le crime organisé, explique Edouard Delruelle, directeur francophone du Centre pour l’égalité des chances. Le tarissement des flux financiers qu’elle génère est le moyen par excellence pour toucher et paralyser le système criminel au cœur. Pour combattre effectivement la nébuleuse du crime organisé, il est indispensable de déjouer les combines financières de la traite des êtres humains et de combattre les pratiques de blanchiment. Ce n’est que de cette manière que le crime organisé et ses ramifications dans la traite des êtres humains pourront être touchés à la racine », conclut Edouard Delruelle.
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