Une salle de fitness ne peut pas discriminer !

25/09/2008

Le tribunal de Première instance d’Anvers a rendu ce 25 septembre 2008 une décision dans l’affaire qui opposait le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme à Better Bodies, une salle de fitness anversoise. Le tribunal estime qu’il y a eu discrimination de la part de l’exploitant de cette salle de sport, parce que celui-ci refusait systématiquement l’accessibilité aux personnes d’origine étrangère. Le juge a ordonné la cessation de cette infraction à la loi anti-discriminations (loi du 30 juillet 1981, modifiée par la loi du 10 mai 2007) avec une astreinte de 2.500 € en cas de récidive.

Edouard Delruelle, le directeur francophone du Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, est satisfait de cette décision mais  : « regrette qu’il ait fallu passer par une procédure judiciaire pour mettre fin à une telle discrimination ».

En 2005, le Centre avait reçu une dizaine de signalements de personnes d’origine étrangère souhaitant s’inscrire dans la salle Better Bodies. L’exploitant de celle-ci avait alors refusé leur adhésion, au motif officiel qu’il n’y avait plus de places libres. En outre, il refusait d’inscrire ces personnes sur une liste d’attente ou même de leur remettre une simple brochure d’information.

Après vérification par téléphone, il est apparu que le motif évoqué n’était en rien valable. Ce qui fut confirmé par un reportage télévisé qui démontra également la discrimination à l’encontre des personnes d’origine étrangère.
 
« Ce reportage de la télévision et les signalements que nous avons reçus ont fait naître le soupçon que Better Boddy discriminait purement et simplement en raison de l’origine étrangère et/ou de leur couleur de peau les personnes souhaitent s’inscrire dans cette salle de sport» précise Edouard Delruelle. Etant donné que l’exploitant était dans l’incapacité de réfuter ce soupçon, il contrevenait à la loi « anti-discriminations ». Pour rappel, cette loi interdit toute forme de discrimination directe sur base de la « prétendue race, de la couleur de peau, de l’ascendance ou de l’origine nationale ou ethnique ». Elle s’applique naturellement à l’accès et à la fourniture de biens et services à la disposition du public.
                                                                                                                                                                                                                                               
« Il est inacceptable que des citoyens de notre pays se voient interdire l’accès à une salle de fitness pour le seul et unique motif qu’ils ont une autre couleur de peau ou un patronyme étranger », insiste Edouard Delruelle. En conclusion de ce dossier : « Le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme espère que cette décision judiciaire représentera un signal fort en direction de tous les secteurs où les discriminations ont hélas encore lieu, malgré la loi ».

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